sexta-feira, junho 10, 2005

 

Contributo para o blogue da Bicicleta

Les amoureux des bancs publics

Les gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu´on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents
Mais c´est une absurdité
Car à la vérité
Ils sont là c´est notoire
Pour accueillir quelque temps les amours débutants

Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´disant des "Je t´aime" pathétiques
Ont des p´tit´s gueul´ bien sympathiques

Ils se tiennent par la main
Parlent du lendemain
Du papier bleu d´azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher
Ils se voient déjà doucement
Ell´ cousant, lui fumant
Dans un bien-être sûr
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé

Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´disant des "Je t´aime" pathétiques
Ont des p´tit´s gueul´ bien sympathiques

Quand la saint´ famill´ machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris
Ell´ leur décoche hardiment des propos venimeux
N´empêch´ que tout´ la famille
Le pèr´, la mèr´, la fille
Le fils, le Saint Esprit
Voudrait bien de temps en temps pouvoir s´conduir´ comme eux

Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´disant des "Je t´aime" pathétiques
Ont des p´tit´s gueul´ bien sympathiques

Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s´apercevront émus
Qu´ c´est au hasard des rues
Sur un d´ces fameux bancs
Qu´ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour

Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s´bécott´nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s´disant des "Je t´aime" pathétiques
Ont des p´tit´s gueul´ bien sympathiques


George Brassens, 1952

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